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Décrire ce qu'on fait à voix haute : l'habitude qui vaut tous les jeux de langage

Par · · 6 min de lecture

Le bain de langage ne demande ni matériel ni moment dédié. Il demande de parler pendant qu'on fait, ce qui est plus inhabituel qu'il n'y paraît.

C'est le conseil qui a le meilleur rapport effet/effort et celui qu'on applique le moins, parce qu'il paraît absurde au début : parler à quelqu'un qui ne répond pas encore donne une impression étrange.

Ce que ça produit

Un enfant construit son langage à partir de ce qu'il entend dans des situations qui ont du sens pour lui. Entendre « je mets ton pull rouge, d'abord la manche gauche » pendant qu'on lui met effectivement son pull associe des mots à une expérience en cours — ce qu'aucun imagier ne fait aussi bien.

La quantité compte, mais surtout la situation : les mots dits pendant l'action s'ancrent parce qu'ils sont vérifiables immédiatement.

Le meilleur moment de langage n'est pas un moment dédié. C'est l'habillage, le repas, le trajet — des situations qui reviennent tous les jours, ce qui offre la répétition sans effort.

Trois habitudes concrètes

Ce qui aide peu

Les questions fermées en série — « c'est quoi ça ? et ça ? » — transforment l'échange en interrogation. Elles produisent des réponses courtes et peu d'appétence.

Les écrans, y compris ceux présentés comme éducatifs, n'apportent pas ce que le langage adressé apporte : il y manque l'échange à deux tours et l'adaptation à ce que l'enfant vient de faire. Les recommandations publiques sur l'exposition aux écrans chez les jeunes enfants sont d'ailleurs très restrictives, et elles sont faciles à retrouver auprès des autorités de santé.

Le rythme de chacun

Les fourchettes de développement du langage sont larges, et deux enfants du même âge peuvent être très différents sans que cela signifie quoi que ce soit. En revanche, si quelque chose vous inquiète — une régression, une absence de réaction aux sons, un enfant qui n'entre pas en communication — la bonne démarche n'est pas de chercher en ligne mais d'en parler au médecin qui suit l'enfant. C'est aussi ce qui permet de vérifier l'audition, dont on ne pense pas toujours qu'elle est en jeu.

Portrait de Ruth Duvernois

Rédactrice en chef · Éveil & Apprentissage

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